PRÉSENCE(S)

de Pascale Henry

CRÉATION 2018

Coproduction CDN de Montluçon

Avec Marie-Sohna Condé, Pascale Henry et 3  jeunes comédiens (en cours de distribution)
Scénographie : Michel Rose 

Mise en scène de Pascale Henry

Costumes : en cours

Création vidéo : Florent Tarrieux

Composition musicale et sonore : Laurent Buisson

Lumière : Michel Gueldry

Régie Générale : Céline Fontaine

Production / Diffusion : Mara Teboul – L’oeil écoute

A ce fond de l’air inquiétant, violent, qui submerge nos sociétés, comment répondre de nous-mêmes et ne pas s’éteindre ?
Comment renouer avec ce qui échappe à la pression du monde et contient une forme de résistance ?
Quel paysage derrière ce dangereux virage en épingle à cheveux où nous sommes engagés à toute vitesse, sans savoir conduire, sans pouvoir freiner ?

Quand bien même on aurait mis la main sur notre paresse à découvrir autrui et à en supporter la contrainte … Reste ce lien humain, cause de ce que nous sommes de l’enfance à la mort,  prétexte de toujours à nouer des histories, à les défaire à les interroger. Reste cet autre à rencontrer…
Qui se souvient avec émotion, avec tendresse, avec désespoir d’un téléphone supersonique, d’un grille-pain programmable, d’un yacht à cinq étages à l’instant de la grande solitude?
Restent, cette question qu’on voudrait pouvoir poser à quelqu’un, cette caresse reçue qui nous donna un corps, cette parole dite qui changea le cours des choses, reste, le visage humain.

Faire théâtre avec nos inquiétudes vives, avec la chair parlante, avec ce qui n’a pas renoncé à vivre, mais à compter.


« Est-ce que les rêves ont encore quelque chose à dire ?» Pascale Henry

PRESENCE(s) est une pièce en deux parties.

Ces deux parties sont pensées pour se répondre, bien que pouvant se jouer aussi indépendamment.

L’une au présent, l’autre au futur.
Où les protagonistes de la première se retrouvent dans la deuxième, ailleurs et autrement.
Elles seront créées autour d’une même scénographie.

Il y sera question d’un mur.

D’un mur en forme d’horizon.
D’un mur d’exposition.
D’un mur où s’appuyer.

D’un mur massif, barrant l’espace de la scène, comme tombé du ciel.

La première partie est le tableau de cette confrontation intime et désarticulée avec cette présence à soi et au monde.

C’est le corps d’une femme. Devant nous.
C’est une femme devant un mur. Un mur, blanc comme l’horizon, blanc comme les murs des musées
contemporains, blanc comme le silence.

La deuxième répond en quelque sorte à cette conversation intime et disloquée avec le monde.

Là où c’était à pleurer on entend rire.

C’est cette jeunesse du désir qui s’écrit sur les murs
et sur la peau.

Il y a elle, ce garçon et puis cette fille qui ne dit rien.

Rester ensemble, c’est ce qu’ils savent faire de mieux.

L’horizon, ils s’en foutent.
Ils le regardent comme une vieille tapisserie démodée, incroyablement moche, qu’on aurait laissée dans leur chambre.

Ils ricanent, ils souffrent de malnutrition, ça leur fait les dents pourries, ils mordent quelque fois, sans raison, pour se souvenir de la force de leurs mâchoires.
Ils ont des sourires parfaits. Redressés au fil de fer.
Ils mastiquent un tas de cochonneries frelatées, se lavent les yeux plus de 100 fois par jour à la rivière bleue des écrans qui défilent de main en main.

Ils parlent une langue de coup de poing, de mépris froid, de pic à glace, pour se dire qu’ils s’aiment.

Ils sont passés maîtres dans l’art de l’espionnage. Ils n’ont plus de chambre à eux.

Ils savent qu’ils n’auront rien qu’ils n’auront pas âprement disputés, sans avoir aucune habitude des rings ils se blessent, gravement parfois.

Ils s’enroulent amoureusement dans des mélodies qui frappent dur, qui crachent sur le corps des femmes, qui brassent des dollars comme de l’air, la bite au garde à vous des supermarchés de l’ennui pendant qu’ils se promettent de s’aimer sans parole.

Ils inventent des bords de pistes où le cirque les oublie.

Ils seront reconnus. N’importe comment.

Pascale Henry
Juillet 2016

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