Rendez-vous en zone libre imaginés par Pascale Henry

J'aimerais beaucoup vous voir samedi ou dimanche prochain

Résidence de création et de rencontres

avec le public

TMG (Théâtre 145) du 30 mars au 30 avril 2020

Coproduction Théâtre Municipal de Grenoble

Rendez-vous au théâtre les 10 et 11 avril, 23 au 25 avril, 30 avril

(programme détaillé disponible à partir de janvier 2020)

Avec les actrices et acteurs :

Marie-Sohna Condé, Marie Bonnet, Julien Anselmino

 

Les autrices et auteurs :

Julie Gilbert, Céline Delbecq, Solenn Denis, Carole Thibaut, Nathalie Fillion, Céline Champinot, Magali Mougel, Agathe Charnet, Nadége Prugnard, Laura Tirandaz, Clémence Weill, Philippe Malone, Gilles Granouillet (et d’autres à suivre…)

 

Le musicien :

Laurent Buisson

 

Les photographes :

Stéphanie Nelson, Cécile Dureux, Jean-Pierre Angei, Jean-Pierre Maurin, Denis Velegado

 

Les invités :

Olivier Neveux, Roland Gori, …

La compagnie s’installera pendant le mois d’avril au théâtre 145 pour travailler.

Un peu en dehors des conditions habituelles qui scandent la vie d’une compagnie, ce temps de résidence sera consacré à un travail de recherche avec des complices de la compagnie et quelques invités.

Rare moment que celui de pouvoir chercher les formes, les matières visuelles, sensorielles, textuelles qui pourraient traduire ce que le désir cherche à saisir.

 

Ce pourra être le début d’un spectacle à venir mais dans ce premier temps celui d’inventer autour de ce travail de recherche une conversation avec le public. Au-delà de l’objet final ou du produit fini qui circulera ou pas sur le marché, ce sera concevoir une rencontre autour de ce qui nous occupe, gageant que nous vivons dans le même monde que le public, ce monde où la beauté et la cruauté absolue se côtoie sans frémir et où nous perdons quelque fois les pédales.

 

« DEVANT ta timidité nous crions ces obscénités, nous hurlons ces blasphèmes, que toi, pusillanime, murmure seul dans le noir » Mina Loy

 

Les questions dramaturgiques, les rêveries auxquelles nous essayerons de donner forme durant ce mois de travail seront donc ponctuées de deux rendez-vous. Un à mi-parcours, l’autre en fin de parcours.

Nous donnerons à suivre, à voir, à écouter ce que nous cherchons sur le plateau, et nous inviterons par ailleurs la pensée, la réflexion, la discussion au bord du plateau et dans le foyer du théâtre. Des invités nous feront donc l’amitié de venir nourrir ces moments de « représentation » du monde ou d’un monde. Éclairant d’une autre façon cette réalité qui demande à être démasquée, lue, subjectivée.

 

Des amis photographes auront habillé le théâtre des images qui leur sembleront pouvoir refléter encore autrement ce qui va nous rassembler pendant un mois.

 

En fin de soirée le foyer du théâtre accueillera autour de nourritures terrestres le bruissement des conversations qui ne savent pas finir.

© Florence Levillain

«  Être vivant demande du temps » Mina Loy

© Viviane Joakim

Dans le corps, dans la tête cette réalité puissante qui écrase tout, qu’on voudrait maintenir à distance un peu, le temps accéléré, les corps compressés, utiles, utiles sinon rien.

A quoi ça sert le théâtre dans ce monde-là ?

 

Un plateau nu. Des acteurs. Un musicien. Un éclairagiste. Quelques accessoires. Une table de travail.

Des textes. Demandés en urgence à des amis. Autrices et auteurs de théâtre.

Des images demandées à des photographes.

Des notes, des notes, des notes…

Et puis avancer dans la question en tenaille, trop grande

 

 

Comment appréhender à la fois cette perte d’humanité, cette désensibilisation du monde et la profonde aspiration de chaque être vivant à rencontrer la vie sensible ?

 

Chercher comme si on écrivait, chercher avec les acteurs, la matière sensible qui pourrait desserrer l’étreinte, traduire la perdition et porter les aspirations, chercher dans les mouvements des corps, dans le silence et la parole, ce moment où quelque chose apparaît au-delà de la réalité.

 

Ils sont deux. Un homme et une femme.

Avec un seau et une éponge.

Ils ne savent ni où ni quoi éponger.

Ils sont secoués d’une danse étrange qui leur échappe, comme s’ils avaient de la boue ou pire à décoller sans cesse de leurs chaussures.

Les auteurs viendront à leur secours peut être. Ils les attendent.

 

Il y a Donald quand même…

Donald et puis…

 

Si l’absurde et le grotesque sont devenus le réel comment rire de notre condition et retrouver figure humaine ?

 

En attendant, ils regardent des vidéos de bébé qui rient pour la première fois.

Ils s’étonnent, de cette secousse magnifique et contagieuse.

 

Ils se mettent à lire « Le rire » de Bergson, une somme. Ils ne savent pas quoi en faire. Mais ils admirent la lenteur, la folie méticuleuse qui tente de saisir le mystère.

 

Parfois ça se met à sonner dans le théâtre, ils ne savent pas pourquoi.

Ils ont peur que ça prenne feu, ils ont peur que ça prenne l’eau, ça n’arrête pas de les arrêter.

 

Ils essayent de mesurer leur douleur de 1 à 10. Ils sont pliés de rire.

 

Ils jouent les colères de ceux qui se taisent. Ils hurlent à la place des écrasés. Ça leur fait honte quelquefois. Ça leur fait bizarre d’avoir honte. Ils cherchent pourquoi. Ils ne sont jamais d’accord.

 

On les surveille. Ils le savent. Ils se sentent libres quand même.

 

Elle lui raconte un rêve en attendant son texte.

On lui servait d’énormes gâteaux avec de la chantilly. Elle croquait dedans, la crème, le sucre et puis  elle tombait sur une peau de banane et puis des pots de yaourt, des tas d’ordures…

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